Chers frères et sœurs,

En cette octave de Pâque nous nous retrouvons au soir du Jour de la Résurrection, et plus précisément selon st Jean dans son évangile, « au soir du 1er jour de la semaine » devenu de par ce fait majeur de la Résurrection d’entre les morts, le 1er jour de l’ère nouvelle, celle des derniers temps. Ce jour est également appelé le jour du Seigneur parce que ce jour est désormais lié au mystère du Christ ressuscité, ascensionné et glorifié auprès du Père. Ainsi la célébration hebdomadaire ou journalière du Mystère pascal qui commémore la victoire de Dieu sur le mal et sur la mort (par la Croix du Christ) n’est plus seulement pour nous « une simple mémoire », elle doit pouvoir s’intégrer plus encore comme un acte fondamental d’adoration et de piété qui s’écrit tout au long de notre histoire religieuse de notre vie de chrétien.

Après son bref séjour aux enfers, Jésus apparait, il faut le souligner, sous une « forme corporelle nouvelle » que l’ensemble des disciples, même les plus proches, ont du mal à reconnaitre, parce ce corps de gloire, reste comme empêché dans ce monde de saillir (de jaillir avec force) complètement. Ce corps reste donc encore humblement voilé, alors même, qu’à l’évènement de la Transfiguration il avait resplendi d’une lumière divine. Cela avait eu lieu auparavant, rappelons-nous, d’une manière prophétique devant les apôtres Pierre, Jacques et Jean au Mont Thabor lorsque le Christ avait décidé de monter à Jérusalem (ville rétive à son message), et que cela le conduirait à la Croix.

L’irruption de Jésus avec ce corps d’apparence étrange, provoque la stupeur chez les apôtres avant de les remplir de joie lorsqu’Il les salue en leur communiquant la paix. Puis Jésus leur découvre ses plaies, les traces indélébiles de l’Amour, qui sont restées inscrites dans son corps. Ce corps qui bien qu’il soit nouveau d’apparence, demeure substantiellement le même : ce sont les fameux stigmates prouvant la réalité personnelle de sa douloureuse Passion, celle aussi du pardon obtenu pour le Salut de tous.

Alors Jésus en dépit de l’absence de l’apôtre Thomas, poursuit encore sa profonde révélation en exhalant son Souffle pour l’envoi en mission, avec le pouvoir divin prodigieux de pardonner aux hommes leur péchés ! Nous remarquons ici le lien étroit qui existe entre le sacrement du Mystère pascal qu’est l’Eucharistie et celui du Pardon des péchés. Ce dernier souvent mal compris devrait pourtant être pratiqué par chacun d’entre nous au moins 1 fois l’an au temps pascal, pour assainir notre âme, conformément au cycle liturgique annuel, auquel se rattache cette grâce pascale spécifique de purification pour tous les péchés dont on se repend.

La confession n’apparait pas tant une pénitence, qu’une grâce à recevoir personnellement avec le pardon transmis par l’Église qui nous rend sacramentellement purs, pareils selon St Pierre à des enfants nouveau-nés.

Huit jours après, Thomas est donc bien là avec les autres apôtres pour recevoir le pardon et voir la manifestation de ce fait inouïe de la Résurrection corporelle de son Seigneur : Jésus de fait, condescend à la requête de l’apôtre incrédule, Il interpelle Thomas « Avance ton doigt ici, et vois mes mains » ensuite Il réitère l’injonction « Avance ta main et met la dans mon côté…cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Frères et sœurs, heureux sommes-nous d’avoir part à cette béatitude de la foi, qui nous permet de proclamer avec St Pierre en ce dimanche : « Béni soit Dieu, le Père de Jésus le Christ notre Seigneur, qui grâce à sa Résurrection d’entre les morts nous a fait renaitre dans sa grande Miséricorde, pour une vivante Espérance, en vue d’un héritage incorruptible qui nous est réservé dans les cieux. » Ainsi pouvons-nous en témoigner là où Dieu nous place.

Ce Dieu est tout puissant et miséricordieux, Il ne fait pas les choses à moitié ; si ses blessures demeurent, c’est qu’elles sont des marques objectives du sacrifice toujours salvifique qui s’opère par l’Église, elles ne peuvent pas être absentes de ce Corps transformé dans la gloire divine tant qu’elles demeurent jusqu’à la fin des temps, les sources de salut et de gloire pour toute l’humanité. Deo Gratias !

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