Homélie du dimanche 6 septembre 2020 – 23ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Par le Frère Jean-Baptiste

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur. Le style oral a été conservé.

 

En ce dimanche le texte de l’Écriture Sainte nous condense sur la conduite à tenir dans nos relations fraternelles.

Ces trois passages sont sans équivoque et dévoilent que l’Église est une communauté d’hommes et de femmes encore imparfaits, en marche pour se parfaire, ici-bas, à travers de multiples purifications avec le jeu de la grâce de Dieu qui tend à nous sanctifier en vue du Royaume.

Si l’Église est Sainte en elle-même, elle est cependant constituée d’hommes et de femmes plus ou moins pêcheurs. Au centre de la prédication de ce dimanche se trouve donc l’exhortation à l’amour mutuel qui accomplit parfaitement la loi.

St Paul nous dit : « Ne gardez aucune dette envers personne sauf celle de l’amour » que Dieu nous délivre de sa loi.

Le chrétien est non seulement invité mais encore obligé sous peine de lâcheté, c’est-à-dire de pécher, à indiquer à son prochain le juste chemin à prendre ou à reprendre. Personne ne vit seul, personne ne se sauve seul.

C’est la grandeur de la révélation judéo-chrétienne d’avoir reçue de Dieu de bons repères pour contrôler objectivement sa conduite. Le décalogue du Sinaï doit demeurer le fil conducteur de tout homme.

Depuis l’âge scholastique, on l’assimile à la loi naturelle dont d’autres civilisations, ou traditions religieuses, partagent en partie ces vérités.

Le sens moral est l’expression de la noblesse de tout homme ; malheureusement il est fort malmené dans notre société libertaire contemporaine. Sans doute, plus que jamais les chrétiens ont besoin de montrer l’exemple d’une vie ordonnée à la lumière de l’Évangile, et à rester en état d’alerte face aux lois permissives des états laïques qui s’éloignent de plus en plus de la conscience profonde personnelle des hommes avec Dieu.

Notre foi en Dieu, dans le Dieu d’Abraham, de Moïse et du Christ, doit empêcher que s’estompe la ligne de frontière que nous indiquent les commandements ; notons très spécialement pour notre temps, le premier fondamental de tous : celui de l’adoration au Dieu Créateur et Sauveur :

nous devons aimer Dieu plus que tout et glorifier son Nom ; et cela chaque jour, et une fois au moins par semaine, en communauté de croyants.

Nous avons écouté St Paul qui relate les quatre commandements relatifs à la vie en société. Ils sont plus que jamais valables : ne pas commettre d’adultère, ne pas commettre de meurtre, ne pas commettre de vol, ne pas convoiter le bien d’autrui.

Ces quatre commandements qui, avec d’autres, résument le commandement semblable au premier dont parle Jésus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

C’est donc faire preuve d’amour que d’avertir son prochain de sa déviation manifeste, de lui signifier qu’il se trouve sous l’influence d’un esprit mauvais, révolté.

Il faut savoir cependant que l’intervention est délicate et cela demande beaucoup d’amour et beaucoup d’humilité parce que la tentation est grande de se produire comme juge. Et on doit être prêt à subir le ressentiment ou l’hostilité de celui qui est tombé.

Souvenons-nous que Jésus a pu déclarer à ses disciples qu’il n’apportait pas la paix dans les familles mais plutôt la division. Le Christ exige que nous témoignions de la vérité à l’encontre de celui qui nous propose la complicité avec le Mal ou le Mensonge.

« Pourtant, nous dit Jésus, si ton prochain ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes afin de régler l’affaire. S’il refuse de les écouter, présente-le à la communauté de l’Église… qui détient le pouvoir de lier ou de délier…. S’il refuse encore, considère-le comme un païen ».

Avant d’en arriver là toutefois, Jésus nous rappelle et nous rassure avec la prière : « Si deux ou trois d’entre vous se mettent d’accord pour implorer quelque chose, ils l’obtiendront ! Car quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là, au milieu d’eux ».

Alors comment douter de la puissance de la prière commune où le Christ se rend présent.

Ne désespérons jamais de ce frère ou de cette sœur, qui, en tout état de cause, est connu de Dieu et reste toujours capable sous la grâce d’un retournement.

Restons fermes et « ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ! »

 

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