Homélie de l’Épiphanie du Seigneur – Dimanche 05 Janvier 2020 

Dimanche 5 janvier 2020 – Année A

Par le Frère Jean-Marie

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur – Le style oral a été conservé

 

Frères et sœurs bien aimés, nous voici avec les mages devant l’Enfant Jésus et sa Mère. Devant Jésus et Marie, proches de Joseph, Ombre du Père.

Nous aussi nous sommes en chemin ; sous un certain aspect, nous sommes toujours en route, pour atteindre cette lumière mystérieuse qui provient de Jésus.

L’être humain est fait pour la lumière et pour la vie. C’est pour cela que le Christ Jésus s’est manifesté. Jésus se révèle, non comme un homme parfait qui apparaitrait dans la force de l’âge pour indiquer aux hommes le chemin du Salut ; mais Jésus se manifeste en entrant véritablement dans une histoire et donc en assumant le temps ; le temps des hommes qui traverse l’épaisseur de l’existence dans le concret du réel.

Jésus, qui est Dieu de toute éternité et consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint ; Lui, Jésus, l’Un de la Trinité, se fait homme. Il est conçu dans le sein d’une femme, certes par la puissance du Saint Esprit, mais dans un être féminin qui devient sa Mère, par la foi et par sa conception virginale, mais vraiment humaine.

Jésus devient embryon, fœtus, puis enfant, adolescent, homme. Il ne supprime pas ces étapes qui appartiennent à l’évolution de tout être humain mais il assume toute la réalité humaine dans l’ensemble de ses dimensions, hormis le péché.

Jésus nous apporte la lumière et la vie, non de façon spectaculaire mais dans le prodige de l’humilité et du long silence de sa vie de Bethléem à Nazareth.

Dieu nous montre ainsi que la lumière qui rejoint tout être humain vient directement de la vie ; la lumière et la joie de la vie. La vie qui est un Don de Dieu et sans laquelle rien ne peut être en communion vivante avec le Créateur et Sauveur.

L’étoile des Mages conduit à l’Enfant Jésus. La lumière du monde est « lumière pour tout homme », comme le dit Jean dans son prologue. Jésus, lumière, car il est vie. Vie mais aussi chemin qui mène à la vie et vérité sur ce chemin vers la vie véritable et en plénitude.

Si Jésus a voulu suivre et parcourir toute cette condition humaine, c’est pour signifier et consacrer la valeur de toute vie humaine. Le Don de la vie n’est pas un élément parmi d’autres ou un accident de parcours. C’est le point de départ, par nature et par grâce, d’une vie humaine, d’un être humain, d’une personne, d’une existence qui en elle-même n’aura pas de fin puisque créée par Dieu pour une destinée éternelle.

D’où le signe et la signification éloquente de la vie de Jésus qui a voulu suivre le cours de l’existence humaine pour montrer, mais aussi pour sauver, chaque personne humaine, quel que soit son parcours, et donner la vie ici-bas. Pour montrer également la valeur primordiale et fondamentale du Don de la vie sans lequel rien n’existerait, à commencer par soi-même. Et sans lequel aucun autre Don ne peut être reçu, faute d’un être humain capable de l’accueillir.

Aujourd’hui, Dieu se manifeste et Il révèle son amour inconditionnel pour chacun de nous comme pour tout être dans l’histoire, c’est-à-dire dans le temps et l’espace.

Par-là, Il manifeste la grandeur et la dignité de chaque être humain, de sa conception à sa mort, ainsi que sa destinée éternelle, étant appelé par grâce à vivre avec le Seigneur pour toujours.

C’est ce Sauveur, « Christ, qui est le même depuis toujours, hier, aujourd’hui, et pour l’éternité », comme nous le dit l’Épître aux Hébreux.

Dans la lumière de cette grande fête, nous sommes fortifiés et encouragés pour rendre grâce, remercier le Seigneur, rendre grâce à Dieu, du Don de la vie, de notre vie. Et remercier tous ceux et celles qui sont protagonistes du Don et de la protection de la vie.

Fortifiés aussi pour soutenir et supporter – au sens littéral du terme : se mettre au-dessous pour porter – nos frères et sœurs qui sont plus faibles, et qui peuvent par moment perdre pied sur le chemin en disant « à quoi bon… ».

Fortifiés aussi, éclairés, pour promouvoir à notre échelle, et à tous les niveaux, la vie et la protection de la vie et de toute vie humaine sans exception.

D’abandonner toute forme de culture de mort, qui est fondée sur le mensonge et qui a ses racines dans le père du mensonge, le Démon, avec sa cohorte de pseudo-compassion et de miel au goût de fiel qui enrobe les pilules.

De repousser tout découragement, pessimisme, désespérance, pour être toujours plus, chacun et chacune, des témoins lumineux de la vie, du Don de la vie. Cette vie qui apporte lumière et joie, même au creux des défis et des épreuves les plus cruelles de l’existence humaine et qui mettent parfois les hommes sur une ligne de crête, sur ces lignes de fractures, où tout peut pencher et basculer vers le bien ou vers le mal.

Comme les Mages venus d’Orient, laissons nous guider intérieurement par cette lumière, qui n’est autre que la grâce divine, afin qu’en tous lieux et en tous temps, nous vivions unis à Jésus et nous soyons ses témoins lumineux.

L’heure vient et elle est venue pour l’homme, comme pour beaucoup de nos frères et sœurs chrétiens en ce moment, de donner sa vie jusqu’au sang par le martyre. Quotidiennement nous apprenons que des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, sont martyrisés à travers le monde (même si les médias ne les reportent pas très souvent).

Nous aussi, avec eux, dans la grâce de Dieu, donnons notre vie selon la modalité que le Seigneur veut pour nous… afin que d’autres reçoivent la lumière de la Vie.

Amen !

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