Jésus leur dit : Venez à ma suite.

Le contexte de la scène qui nous est décrite n’est pas rassurant. Jésus, baptisé par Jean, apprend que ce dernier a été arrêté parce que sa manière d’être, sa parole, dérangent les pouvoirs et les organisations en place – pour faire la composition de lieux pour aujourd’hui.

Malgré cela, Jésus lui-même se met aussi à appeler au changement, à la conversion. Une conversion qui, elle aussi, remet en question les pouvoirs établis. L’annonce du Royaume des cieux est inaudible dans son pays et il va ailleurs, en un lieu de carrefour où passent toutes sortes de personnes.

En quittant son pays, Jésus ne veut pas l’affrontement, la guerre, mais revenir à la source, convaincre par sa Parole d’une manière ‘autre’ de vivre ensemble autour d’une foi commune qui permette à chacun d’être lui-même, en vivant avec et parmi les autres pour ce bien commun qui est déjà une expression du Royaume de Dieu.

Et Jésus ne constitue pas une armée pour affronter les pouvoirs en place, mais appelle chacune de ces personnes venues de toute part à ouvrir leur cœur à l’autre, à vivre de la charité entre eux pour tous. Les disciples (qu’il appelle) sont des gens en charge de famille, de travail, mais se laissent interroger, et même s’ils ne font pas partie des structures de pouvoir, ils sont prêts à participer à ce bien, à cette charité que le Christ annonce par sa Parole, et pratique par tout le bien qu’il fait.

Il y a donc d’abord un appel à la conversion personnelle : Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche.

Conversion qui se réalise déjà par le bon et le bien qu’elle procure, voyez comme ils s’aiment. Mais cette conversion est en même temps un appel à la mission, c’est-à-dire à la rencontre. Toute conversion est ouverture de tous nos sens à la Présence du Christ au milieu de nous, tant dans ses frères pauvres que dans les puissants. Jésus est présent à tous !

Demandons la grâce que l’Esprit Saint travaille au cœur de tout homme, sans exception, pour reconnaître cet Amour de Dieu toujours prêt à venir nous chercher, si nous-aussi nous acceptons son regard d’Amour sur nous, cette humilité de Dieu.

Ne retenons rien. Donnons-nous avec la grâce de Dieu. Amen.

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