Chers Frères et Sœurs,

« Marie, cependant, retenait tous ces évènements et les méditait dans son coeur ».

Alors que nous célébrons Marie comme Mère de Dieu tout en priant pour la paix, puisque nous célébrons aussi la cinquante neuvième journée mondiale de prière pour la paix, nous pouvons méditer avec Marie ce que l’Évangile décrit et évoque, cette bonne Nouvelle dont nous sommes tous invités à être encore aujourd’hui les témoins. Dans le silence, faisons de la place dans nos coeurs pour accueillir l’enfant de Bethléem, lui qui dans sa faiblesse est le Dieu d’avant les siècles. C’est ce que nous disons en proclamant que Marie est mère de Dieu puisqu’en Jésus enfant nouveau-né, couché dans une mangeoire comme nous l’avons chanté, l’humain et le divin s’unissent sans mélange ni division. Comme le disent nos Pères cisterciens : « dans l’enfant de Bethléem, la Parole de Dieu s’est abrégée pour devenir silence, la sagesse de Dieu est devenue toute entière humilité et donc folie aux yeux des hommes ». Avec Marie et Joseph, avec les bergers, avec tous les petits et les humbles, soyons donc fous pour accueillir le Dieu d’avant les siècles.

C’est un mystère qui dépasse Marie et la plonge dans le silence tout comme il nous dépasse et pourtant, c’est le mystère de notre Salut. Apprenons à découvrir Dieu sous l’apparence des contraires dans cette humble famille entourée de bergers, ces ignorants devenus sages. Marie a écouté les bergers comme nous l’avons fait aussi durant la nuit de Noël. Après avoir vu le nouveau-né couché dans la mangeoire, ceux-ci rapportent ce qui leur avait été annoncé au sujet de l’enfant.

Aujourd’hui, nous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

Il est né pour chacun d’entre nous et c’est pour nous sauver. Marie est mère de Dieu car il est vraiment Dieu celui qui est couché dans une mangeoire. Les rois naissent dans des palais mais lui nait dans une grotte et sera immigré en terre étrangère. Comme le dit Guerric d’Igny : « Il est né dans un abri pour voyageur pour qu’instruits par son exemple, nous nous reconnaissions étrangers et pèlerins sur la terre ». Les rois ont des armées pour les protéger et détruire leurs ennemis, l’amour de Dieu vient désarmé pour nous libérer et apporter la paix. Ce n’est pas la guerre qui vient, et l’armée des anges n’a d’autres armes que son chant qui annonce la bonne Nouvelle. La paix que nous donne le Christ est une paix désarmée.

C’est aussi pour cela que Dieu s’est fait petit enfant non pas en apparence mais réellement. Comme le dit le pape Léon dans son message pour la journée mondiale de prière pour la paix : « La bonté est désarmante. C’est peut-être pour cela que Dieu s’est fait petit enfant. . . Paix sur la terre chantent les anges en annonçant la présence d’un Dieu sans défense, dont l’humanité ne peut se découvrir aimée qu’en prenant soin de lui ».

Il nous suffit d’ouvrir les yeux pour voir tant de mères et d’enfants dans des abris pour voyageurs et même parfois sans abri, qui attendent que nous prenions soin d’eux. Soyons prêts à les servir mais prenons soin aussi de cet enfant, Jésus qui est, dans nos coeurs, plus intime que notre intime.

Marie est mère non seulement parce qu’elle a porté Jésus dans son sein et qu’elle l’a enfanté mais aussi parce qu’en ce matin, elle n’est là que pour nous le présenter, nous l’offrir et le mettre en lumière. Elle nous invite à faire de même. Le silence de Marie est un silence plein d’étonnement et d’admiration.

Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos coeurs puisque nous ne sommes plus des esclaves mais des fils. Et c’est dans cet Esprit que nous pouvons nous aussi conserver dans notre coeur tout ce qui est écrit de cet enfant qui récapitule toute l’humanité, tout ce qui est écrit de sa vie donnée comme pour converser avec, et nous laisser transformer par ces mots : « Dieu avec nous, Jésus, Sauveur, Seigneur ».

Comme le Christ le dira lui-même : « Sa Mère et ses frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ». Soyons des bâtisseurs de paix.

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