Chers frères et sœurs,

Le dimanche dans l’Octave de Noël, l’Église romaine fête solennellement depuis la fin du 19e avec le Pape Léon XIII, la fête de la Sainte Famille. Cette fête a pour rôle de sensibiliser les chrétiens sur l’importance de la famille dans le monde moderne. Elle trouve de nos jours un regain d’actualité au moment où la réalité de la famille est remise en question !

Plus que jamais, il nous revient de célébrer le foyer providentiel exemplaire de Nazareth dans la Judée au tout début du premier siècle. Quoi de plus réconfortant que de contempler la cellule première, idéal de la société, le lieu vivant à partir duquel devrait se développer encore de nos jours notre humanité.

La décision de s’incarner a obligé Dieu de se choisir d’abord un couple ouvert à la foi, puis un peuple séparé des autres pour préparer son avènement. Il devra aussi se choisir un temps propice du cours de l’histoire. Ce sera celui de l’extension de la civilisation romaine jusqu’en Israël. Mais enfin, et plus encore, il devra se choisir un foyer extraordinaire entre tous les hommes et toutes les femmes. Une mère et un père de la descendance davidique, capables de l’accueillir dignement afin de le préparer humainement à sa future tâche religieuse tout à fait unique, celle dont dépendra en grande partie l’accomplissement de sa mission de Messie Rédempteur du monde.

Dieu prédestinera donc la Vierge Marie et son époux Joseph, humbles descendants de la maison de David. Ils seront des parents d’exception par le biais d’une commune chasteté. Leur parfaite concorde dans leur rôle respectif de mère et de père, offrira le lieu rêvé pour la croissance de l’enfant-Dieu. C’est l’image de « la famille » suffisamment protégée où tout concourt à faire grandir dans l’unité, le respect mutuel et la tendresse ; nourrie qu’elle se trouve de prière continuelle, d’action, de grâce, d’attention réciproque, d’humilité, mais aussi ne l’oublions pas, de conscience professionnelle. Joseph, charpentier, avait un métier artisanal polyvalent à l’époque. Il devait satisfaire aux exigences variées de ses clients : de la charpente, aux meubles divers d’une maison, jusqu’aux instruments agraires et même le cercueil ! Ainsi, dans le quotidien d’une vie ordinaire, pauvre et laborieuse, dans l’anonymat absolu.

Pensons à ses plus proches, dans la synagogue de Nazareth, lorsqu’il se proclamait être « Celui qui accomplissait les Écritures » pour effectuer la grande Promesse attendue de l’Alliance nouvelle… ses parents ne croyaient ils pas qu’il perdait la tête ?

Avec la fuite en Égypte, de la Sainte Famille, l’évangile de Saint Matthieu cette année, met en honneur quoique sobrement, le rôle déterminant de Saint Joseph pour arracher l’enfant-Dieu au péril imminent de la mort. Sans tergiverser il obéit à l’injonction reçue de l’ange, et il part, dès alors qu’il fait encore nuit, avec Marie pour se rendre en Égypte ! Connaissait-il le chemin ? On peut légitimement en douter ; passa-t-il par la bande de Gaza pour atteindre un peu plus loin la frontière dans le désert ?

Le jeune couple a-t-il été aidé par quelques compatriotes en exil près d’Alexandrie ou du Caire ? On ne sait rien. Ce qui est sûr, c’est que Saint Joseph dut, pour subsister là-bas plusieurs années, apprendre quelque peu une langue assez étrangère à la sienne, et exercer son métier au service des Égyptiens.

Une dernière fois cependant, il reçoit à nouveau de l’ange l’ordre de retourner au pays d’Israël. Pourtant ayant appris qu’Archélaüs (fils d’Hérode le Grand) régnait sur le territoire de Judée, Joseph encore une fois sur le Conseil de l’ange, évitera de s’y installer. Il optera finalement de s’établir à Nazareth, dont il n’était sans doute pas originaire. On connaît les vertus habituelles attribuées à sa personne par la tradition ecclésiale, avec Saint François de Sales par exemple : son humilité, sa chasteté de corps et d’esprit, sa constance, sa vaillance et sa persévérance…

À partir de ce passage d’évangile de ce dimanche, nous ajouterions volontiers cette « qualité d’adaptation sereine aux circonstances » dont notre petite communauté est en quête en ce temps de mutation interne ; vertu de sagesse pratique valable pour tout un chacun, dont tout le monde a besoin aux moments de changements substantiels.

N’hésitons donc pas de faire appel à l’intercession de Saint Joseph, afin que la volonté de Dieu se fasse dans la paix du Christ et qu’advienne son règne dans notre monde.

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