En ce dimanche, nous commémorons deux moments importants rapportés par les deux récits évangéliques que nous avons entendus : d’une part l’entrée de Jésus à Jérusalem, six jours avant la Pâque, et d’autre part la Passion de Jésus. Ce sont ces deux temps du même événement pascal qui fondent la célébration de ce dimanche des Rameaux et de la Passion.
Acclamé comme Roi d’Israël par la foule, aux portes de Jérusalem, Jésus ne s’est pas prêté à une mise en scène qui aurait fait de lui un Messie prestigieux. Il a vécu ce moment particulier pour que s’accomplisse la prophétie de Zacharie : « Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme » (Évangile avant la procession). En cette circonstance, si Jésus a accepté les acclamations de la foule, il n’y avait aucune ambiguïté sur sa royauté : « Mon Royaume n’est pas de ce monde », avait-il dit à ses disciples. C’est dans cet esprit qu’il a accepté « d’entrer librement dans sa Passion », comme le dit une prière eucharistique
Ce n’est que le troisième jour après sa mort, le jour de la Résurrection, que les apôtres verront dans ces événements l’avènement du Salut. Et c’est grâce à leur témoignage que nous voyons nous aussi dans ce chemin de peine et d’offrande, véritable chemin de croix, le chemin qui conduit au Royaume qui n’a pas de fin.
La mort de Jésus est un fait historique mais elle transcende le temps : « crucifié pour nous sous Ponce Pilate », proclamerons-nous tout à l’heure lorsque nous professerons notre foi. Oui, c’est « pour nous » que Jésus a donné sa vie. Il a versé son sang pour nous « et pour la multitude », dit la prière eucharistique. Dès lors, c’est maintenant le « temps favorable », c’est aujourd’hui le « jour du salut » (Is 49,8).
Habités par cette grande espérance, nous inaugurons la semaine sainte et ses grands rendez-vous liturgiques : la sainte Cène, jeudi ; la célébration de la Passion, vendredi ; le temps du silence et de la veille, samedi ; la victoire de la vie sur la mort dans la nuit de samedi à dimanche, et l’annonce joyeuse, éclatante, de la résurrection de Jésus au matin de Pâques !
Avec Marie qui a vécu le Mystère pascal dans le déchirement le plus grand, nous avançons vers l’aurore du Salut, portant notre regard vers ce jour qui annonce notre propre résurrection avec le Christ, le Sauveur du monde.
