Communauté de l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque

Notre journée

Depuis 900 ans, l’Abbaye Notre-Dame de Sénanque abrite une communauté de Frères cisterciens qui vivent selon la Règle de Saint Benoît dans la plus pure tradition monastique.

Sept fois par jour, la communauté se rassemble dans l’église abbatiale pour célébrer l’Office Divin.

La journée d’un Frère de Sénanque se partage entre la prière et le travail.

Journée Monastique

Les horaires des Offices

DimancheLundiSemaine
Vigiles4h30-4h30
Laudes7h458h007h45
Messe10h008h3011h45
Sexte12h15--
None---
Vêpres18h0018h0018h00
Complies20h1520h1520h15

La liturgie des heures

Vigiles : la nuit s’achève dans l’attente du retour du Christ. «Dans la nuit cherchons Dieu vivant, soyons vigilants»

Laudes : Christ sort de la nuit du tombeau pour illuminer le monde et le délivrer du mal : « O Christ brise l’entrave de la nuit, romps les liens de l’ancien péché, fais venir en nous ta lumière »

Tierce, sexte, none : ces Offices correspondent aux « petites heures »
Le soleil rayonne de son éclat : « que le feu de ton amour nous enflamme de proche en proche »

Vêpres : la lumière du jour décline, la communauté se rassemble pour remercier Dieu «  pour les merveilles de la création, pour l’activité qu’elle a pu mener, et se complaît dans la présence de son Seigneur, comme les apôtres le soir de Pâques, tout en attendant son retour définitif. »

Complies : le dernier Office avant la nuit et le grand silence qui l’empreint. « Que le Seigneur tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin parfaite »

En tant que moine, nous tendons vers la prière continuelle.

A différentes heures de la journée, notre communauté de Frères se rassemble pour célébrer l’Office divin.

Les liturgies célébrées par les Frères de Notre-Dame de Sénanque sont ouvertes au public.

Nous vous remercions d’en respecter le recueillement et le climat de prière. La prise de vue ou de son n’est pas autorisée.

L’Office de None n’est ouvert qu’aux retraitants.

Notre travail

Ora et labora ( prie et travaille ) : même si la formule n’est pas tirée de la Règle de Saint Benoît, celle-ci traduit le partage harmonieux de la journée du moine entre la prière, le travail et la lectio divina.

«  L’oisiveté est ennemie de l’âme », Règle de Saint Benoît, Ch. 48. Le travail ne nous détourne pas de la prière : il est vertueux pour le Frère assidu dans son travail, il favorise le silence, encourage l’obéissance, renforce l’humilité. En ce sens le travail est pour nous un moyen de trouver Dieu.

Si le moine tend vers la prière continuelle, le travail occupe ainsi une part importante de son temps. Travail pour l’entretien et la vie de la maison monastique, travail aussi pour assurer la subsistance de la communauté.

Travail Lavande Sénanque

( c ) Corinne Brisbois

Travail Ruche Sénanque

( c ) Corinne Brisbois

A Notre-Dame de Sénanque, nous menons plusieurs activités agricoles : culture du lavandin, rucher, oliveraie …
La vente de produits à base de notre huile essentielle de lavandin, la récolte de notre miel ou encore de notre huile d’olives assurent des revenus que notre hôtellerie monastique vient compléter.
Les subsides de notre boutique monastique contribuent également à la restauration et la transmission de l’Abbaye.

« C’est alors qu’ils seront vraiment moines, lorsqu’ils vivront du travail de leurs mains, à l’exemple de nos pères et des Apôtres », Règle de Saint Benoît, Ch. 48

Le sacrement de réconciliation

Un prêtre se tient à votre disposition pour célébrer le sacrement de réconciliation ou de pénitence ( confession ).
Nous tenons également une permanence du Mardi au Samedi, de 11 h à 11 h 30.

Pour tout demande, nous vous remercions de vous adresser sur place à l’accueil de l’Hôtellerie ou par téléphone.

Les Homélies

Homélie du Dimanche 17 Juin 2018

11ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

 Par le Frère Jean

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur

Le style oral a été conservé

 

Chers frères et sœurs, l’évangile de ce jour, que nous venons d’entendre, nous dit que Jésus parlait à la foule en paraboles ; mais qu’en particulier, quand il était dans l’intimité de la maison avec ses disciples, il leur expliquait le sens des paraboles.

Cela nous fait déjà comprendre que nous grandissons dans l’intelligence de la Parole de Dieu, dans la connaissance du Mystère de Dieu, du Mystère de Jésus, du Mystère de l’Église.

Comme dira St Paul un jour : « quand j’étais enfant, je parlais en enfant, je raisonnais en enfant mais quand je suis devenu adulte, je pensais en adulte, je raisonnais en adulte ! »

De même pour nous qui avons appris – je l’espère, dans notre enfance au catéchisme – les bases de la foi chrétienne, nous avons à cultiver cette foi chrétienne pour entrer dans une intelligence adulte de la connaissance de Dieu. Et nous n’avons jamais fini de grandir dans la connaissance du Mystère de Dieu ! Oui ! L’un de nos pères dans la foi au IIème siècle, Origène, dit que « pour comprendre la Parole, il faut passer de l’extérieur à l’intérieur ». On peut dire que dans cet évangile ‘l’extérieur’, ce sont les foules ; ‘l’intérieur’, c’est Jésus avec ses disciples dans la maison.

Le rôle du Saint Esprit, frères et sœurs, c’est véritablement cela :  de nous faire passer d’une intelligence « extérieure » de Dieu à une intelligence « intérieure », une intelligence savoureuse du Mystère de Jésus et de l’Église ; pour avoir l’intelligence des choses de Dieu, en vue, comme dit St Paul aujourd’hui dans la seconde lecture : « de plaire à Dieu ». Et pour plaire à Dieu, il faut être docile au Saint Esprit !

En effet, nous dit Jésus dans les évangiles – et même toute la Parole de Dieu nous dit cela, tant  l’Ancien que dans le Nouveau Testament – que ce n’est pas le plus savant (selon les critères de ce monde) qui entrera dans le Royaume des Cieux mais c’est celui qui aura été fidèle au St Esprit, durant sa vie, dans les petites comme dans les grandes choses.

Le prophète Ézéchiel nous  dit très clairement, dans la 1ère lecture, que cela est avant tout l’œuvre de Dieu : « moi, dit le Seigneur, je renverse l’arbre élevé et je relève l’arbre renversé, je fais sécher l’arbre vert et reverdir l’arbre sec » ; autrement dit « Je n’agis pas selon les lois de ce monde mais selon la loi divine. »

Nous avons, peut-être trop souvent, une conception trop humaine des choses de Dieu, des réalités du Royaume de Dieu. Que n’entendons-nous pas souvent : « mais pourquoi Dieu ne fait pas cela ? Pourquoi Dieu n’intervient pas ? »

Nous oublions, peut-être trop facilement, que Dieu est le Maitre de tout, et que pour lui, comme dit un théologien du moyen-âge : «  ‘dire’, c’est ‘faire’ ! »

Mais voilà !

La Parole de Dieu, son action, sa vie, son énergie, son amour, ne veut pas s’imposer. Parfois Dieu s’impose avec, ce que de façon impropre nous appelons : ‘avec violence’ !

Pensons à St Paul sur le chemin de Damas !

Mais la Parole de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même, préfère solliciter le cœur de l’homme afin que celui-ci, librement, s’ouvre à sa grâce ! C’est cela « plaire à Dieu », frères et sœurs, plaire à Dieu librement ! C’est « s’ouvrir à sa grâce » ! Pensons au Livre de l’Apocalypse où Dieu dit « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe… à celui qui m’ouvre, j’entrerai et je prendrai la Cène avec lui… »

Librement !

Et puis dans l’évangile de ce jour, on nous parle encore de ce Royaume de Dieu qui est semblable à une petite graine jetée en terre, qui de nuit comme de jour, germe et grandit jusqu’à devenir un arbre aux larges ramures.

Le Royaume de Dieu, semblable encore, à une graine de sénevé. Là, ce qui est souligné, c’est que cette graine toute petite va donner naissance à un grand arbre.

Et bien, frères et sœurs, la terre qui reçoit cette petite graine en elle, c’est notre cœur qui reçoit la vie divine. Et c’est une source d’espérance que d’entendre aujourd’hui que cette petite graine de vie divine, elle grandit d’elle-même, indépendamment de nos œuvres !

Soulignons en passant à ce sujet que, si l’Église se réjouit beaucoup des adultes – et ils sont nombreux aujourd’hui, qui demandent à recevoir le baptême – l’Église se réjouit tout autant, et elle invite les familles chrétiennes, à faire baptiser les enfants dès le plus jeune âge parce qu’elle sait que le baptême c’est précisément cela : c’est la vie divine qui est placée dans le cœur de l’homme, dans le cœur de l’enfant ; et que cette vie divine, elle va grandir, et elle sera présente dès la petite enfance… elle continuera à porter du fruit avec abondance lorsque l’homme, librement, par ses « œuvres », par ses bonnes œuvres, fera des actes qui plaisent à Dieu ! Mais la grâce de Dieu est toujours première, elle nous devance ; n’oublions jamais que le Don de Dieu, dans nos vies, est toujours premier !

Oui, plus tard, la grâce de la vie divine nous précède toujours en toutes choses !

Même St Paul – sur le chemin de Damas – dans son ignorance de la vérité du Christ, que Paul combattait, au cœur de son ignorance, Dieu agissait ! On peut dire « Dieu souffrait dans le cœur de Saul qui le combattait ! » Dieu le préparait à cette mission, cette grande mission qu’il voulait lui confier : devenir l’apôtre des Gentils, l’apôtre des païens.

« C’est moi le Seigneur, dit Ézéchiel, je renverse l’arbre élevé et je redresse l’arbre renversé ! »

L’arbre élevé, c’était Saul dans son orgueil de pharisien qui combattait Jésus, comme il le dira lui-même plus tard dans sa lettre aux Corinthiens : « Je mettrai mon orgueil dans ma faiblesse afin que repose sur moi la puissance du Christ… car lorsque je suis faible (lorsque je suis tombé de mon cheval) c’est alors que je suis fort car Dieu agit dans ma faiblesse ».

 Oui frères et sœurs, Paul a été appelé, choisi, pour construire le Royaume de Dieu, non pas pour le construire tout seul ! Il a construit le Royaume de Dieu dans sa mission, en collaboration avec les autres apôtres choisis par Jésus (le groupe des Douze), mais aussi avec Barnabé, avec Jean-Marc, avec Silas, avec Tite, avec Timothée et bien d’autres collaborateurs de son apostolat.

Nous grandissons et nous agissons dans l’Église, non pas tous seuls mais en Église, avec d’autres. Dieu aime que notre « je » soit en syntonie avec le « nous »…en symphonie !

Et bien pour nous aujourd’hui, notre état de baptisés dans l’Église, fait de nous aussi les bâtisseurs du Royaume de Dieu, de sa Seigneurie, de sa souveraineté.

« Le règne de Dieu, disait le pape Benoit XVI, n’est pas un ‘au-delà imaginaire’, placé dans un avenir qui ne se réalise jamais ! Son règne est présent, là où il est aimé ! Et là où son Amour nous rejoint et peut porter du fruit ! »

L’Église – dont nous sommes membres par le baptême – est le sacrement du Royaume, ce qui veut dire qu’elle poursuit, parmi les hommes, les grandes œuvres de Dieu, de l’ancien et du nouveau Testament.

Un sacrement, c’est cela, frères et sœurs, c’est la poursuite, dans le temps de l’Église, de l’action du Christ qui agit dans le cœur de l’homme par son Esprit Saint.

Que cette Eucharistie, où à nouveau ce matin, en ce jour de la résurrection, en ce Dimanche, Jésus se donne totalement à nous, que cette Eucharistie soit reçue dans la bonne terre de nos cœurs disposés à la recevoir et à l’accueillir, afin de porter du fruit, un fruit qui plaise à Dieu, un fruit qui demeure, un fruit qui construise l’Église, un fruit qui donne à tous les hommes le désir de devenir à leur tour disciples du Christ et de son Eglise. Amen !

Prière cistercienne de Saint Bernard

Ô toi, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes plutôt que sur la terre ferme, ne quitte pas des yeux les feux de cet astre, si tu ne veux sombrer sous la bourrasque.
Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l’adversité, regarde l’étoile, appelle Marie !
Si l’orgueil, l’ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l’étoile, crie vers Marie !
Si la colère ou l’avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie.
Quand, tourmenté par l’énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.
Dans les périls, les angoisses, les situations critiques, pense à Marie, crie vers Marie !
Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur, et pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse d’imiter sa vie.
Si tu la suis, point ne t’égare ; si tu la pries, point ne désespère ; si tu la gardes en ta pensée, point de faux pas.
Qu’elle te tienne, plus de chute ; qu’elle te protège, plus de crainte ; sous sa conduite, plus de fatigue ; grâce à sa faveur, tu touches au port.
Et voilà comment ta propre expérience te montre combien se justifie la parole : Le nom de la vierge était Marie !

Saint Bernard, deuxième homélie Super Missus

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