Chers frères et sœurs

les textes de la liturgie de ce dimanche sont centrés sur la compréhension de la Révélation de Dieu, Révélation qui s’offre à tous les hommes de bonne volonté.

Le Seigneur a choisi le mode littéraire de la parabole, qui paraît plus adapté au secret de la croissance du Royaume mystérieux, qu’Il cherche à exposer pour ceux qui croient en la vérité supérieure de ses Paroles. Il procède par allusion et analogie de façon qu’elles soient comprises dans l’humilité et dans la crainte.

Ici la vision est d’ordre agraire, ce sont des terrains qui représentent l’état des personnes variées, qui sont proposées à l’ensemencement de la divine Parole. Mais plus étonnamment cette Révélation est proposée également à la création entière, comme saint Paul nous l’affirme, puisque celle-ci est soumise elle aussi, à la déchéance sous le pouvoir du mal depuis la prévarication de nos premiers parents. Il est bon de rappeler que selon la Bible, c’est l’homme qui, en compagnie de sa femme sous l’influence du Démon, s’est rendu responsable de l’introduction de la corruption dans le monde.

L’homme en effet détenait au départ, de par sa faculté de contrôle qui lui vient de l’intelligence, d’une aptitude à maîtriser la terre en vue d’en contempler les richesses. Il pouvait alors découvrir sa beauté, et par suite répondre à Dieu avec action de grâce et louange, dans la pleine harmonie à la divine volonté ; hélas comme nous le rapporte le livre de la Genèse, à cause du mépris de l’ordre prudentiel de Dieu, cela ne durera pas bien longtemps.

En nos temps de mise en valeur de l’écologie intégrale, il convient pour nous chrétiens de nous souvenir, que si la terre est un don, elle demeure cependant toujours d’abord une promesse, c’est-à-dire avant même d’envisager nos multiples projets de culture à son égard, elle se trouve déjà confiée à la toute Bienveillance de Dieu.

Toutefois l’issue de la terre dépend des comportements adoptés par les hommes qui l’entretiennent et la cultivent. C’est toute la problématique de la parabole de ce jour, avec l’instruction de la divine Parole, comparée à une semence jetée sur le sol dur d’un chemin, ou bien encore par le même Seigneur, projetée avec surabondance dans le vaste champ diversifié des cœurs des croyants.

Le Seigneur nous assure que c’est dans la diversité des cœurs des auditeurs qu’on trouve la vraie compréhension des choses divines, car à partir du moment que la Parole pénètre en ceux qui croient, « à celui qui a, on donnera encore » nous dit le Seigneur.

Pourtant si le cœur s’endurcit comme le sol pierreux, la semence ne s’ouvrira pas, et l’homme ne comprendra pas. Si en effet nous sommes trop préoccupés par les soucis du monde, ou bien si nous demeurons superficiels, agités par de multiples informations souvent futiles, la semence ne germera pas. Le Seigneur exige de nous un minimum de silence, d’intérêt de réflexion sur le sens profond de notre existence éphémère…

Si nous vivons ce n’est pas pour rien, ni pour le néant … comme le disent pourtant beaucoup de philosophes modernes. Nous, croyants, nous savons que selon la belle expression de Saint-Paul, « que voulus par Dieu, nous vivons pour le Seigneur », et notre tâche alors est de Lui présenter nos vies avec son lot de valeurs, de souffrance et de joie, non pas en nous plaignant en solitaire, mais en les offrant en communion avec le tourment de toutes les créatures qui sont sous le même ciel, comme saint Paul nous y invite encore en seconde lecture.

L’espérance d’être libérés de l’esclavage du péché nous est donc commun avec toutes les créatures de notre terre depuis la chute ; et notre corps étant une parcelle du cosmos, nous conservons un lien radical plus ou moins conscient avec Lui. Notre foi nous assure cependant qu’avec le mystère du Christ ressuscité, il nous est possible désormais avec la grâce du Saint Esprit, d’attendre une terre nouvelle entièrement transfigurée.

Or cette attente selon la parabole du Semeur ne peut pas demeurer uniquement passive ; au contraire elle doit susciter une vigilance constante, et nous pousser à un travail de jardinier spécialiste, persévérant, qui nous entraîne à un combat spirituel où intervient l’armure salvatrice de la Croix.

Aussi notre labeur spirituel devra toujours être guidé par la Parole de Dieu. Pas de meilleur conseiller que la rumination des Écritures et l’accompagnement de la prière, pour défricher notre âme qui, ne l’oublions pas, porte déjà en elle, le germe de la vie éternelle.

Aussi quand les choses ne vont plus, appelons à l’aide le Seigneur et ses saints, gardons toujours confiance, le Seigneur est toujours plus grand que notre cœur !

Saint Jean nous l’atteste dans sa première Lettre.

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