Le Dortoir
Le dortoir court sur plus de 30 mètres de long. Il est suffisamment vaste pour accueillir une trentaine de moines.
Au XIIè chacun dispose, comme le stipule la règle de Saint Benoît, d’une paillasse, d’un oreiller et d’une couverture. Aujourd’hui nous occupons des cellules individuelles mais le mobilier en reste sommaire : une table, une chaise, un lit, parfois une armoire.
Le silence est absolu dans le dortoir. Il est interdit de se montrer nu et la façon de s’habiller est codifiée. A l’époque médiévale, nos anciens dorment habillés pour se rendre rapidement à l’église. Aujourd’hui ce n’est plus le cas ! Mais un retard à l’Office demeure une faute pour laquelle nous demandons pardon lors du chapitre quotidien.
Douze baies en plein cintre éclairent l’ensemble. Une rose à douze lobes laisse entrer la lumière du coucher du soleil : « La lumière de la contemplation est douce, elle descend d’en haut et donne la paix », parole de Saint Bernard de Clairvaux
Au XIIè comme aujourd’hui, nous nous levons durant la nuit afin de célébrer l’Office des Vigiles, appelées aussi Matines. Dans nos abbayes, notre frère Jacques réveille traditionnellement les moines. Cela inspirera la comptine « Frère Jacques sonnez les matines » !
A la fin du XIVème siècle, Père Abbé écrit une supplique au roi, sollicitant plus de confort pour ses Frères : avec l’accord du souverain et avec près d’un siècle d’avance sur les autres abbayes, des alcôves sont édifiées, divisant la salle en cellules individuelles. De même, le dortoir de Sénanque accueille une cheminée peut-être dès la fin du XIIè, ce qui paraît exceptionnel pour l’époque.
Au XVème siècle, cette entorse à la règle est soumise au pape Martin V qui valide la cellule individuelle et la présence de cheminées dans les dortoirs : dès lors l’usage se répand dans toutes les abbayes et monastères.
