Les Marques Lapidaires

Près de 2 700 marques lapidaires sont recensées à Sénanque. Il existe peu d’édifices avec autant de marques visibles. D’autant qu’en cette fin du XIIème siècle, l’habitude de marquer les pierres est encore récente.

Ces marques permettent aux lapicida ( tailleurs de pierre ) d’être payé. Toutes les pierres ne sont pas marquées : le tâcheron empile ses réalisations et ne marque qu’une pierre distinctive. Parfois certaines pierres sont marquées à la craie ou au charbon.

Il faut distinguer ces marques lapidaires des marques de travail, qui elles indiquent le positionnement des blocs dans la construction.

Les marques de Sénanque offrent une particularité : le soin apporté à leur taille. Certaines lettres comme le M, N, P et R ont fait l’objet d’une véritable recherche esthétique et les lignes brisées, délicates à réaliser, sont d’une facture remarquable.

L’étude de ces signes met en évidence une mobilisation importante de main d’œuvre au début du chantier et qui diminue à mesure que les travaux avancent. Les moines bâtisseurs avaient le souci d’achever au plus tôt l’église abbatiale afin d’y célébrer l’Office Divin. Les bâtiments conventuels quant à eux, pressaient moins.

Les marques lapidaires ont également la fonction de marques de passage : elles servent de signature, d’emblème, de publicité à l’atelier ou au tailleur. Parfois elles disparaissent, témoin silencieux du départ de l’artisan vers un autre chantier.